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Baptême de désir / Baptême de sang
HERESIES !

- Frère Peter Dimond -
du livre :
‘Hors de l’Eglise Catholique = Absolument Pas de Salut’

 

La théorie du baptême de désir = une tradition de l'homme

 

Contenu :

 

Ceux qui ont été endoctrinés par les apologistes de la théorie du baptême de désir seront surpris d'apprendre que parmi tous les Pères de l'Eglise, seulement un d’entre eux peut être présenté par les défenseurs du baptême du désir comme ayant enseigné le concept. Seulement un seul : saint Augustin.

Les défenseurs du baptême de désir feront ensuite une pitoyable tentative en présentant un second père : saint Ambroise. Mais même si c’était vrai, ça ne ferait seulement que deux pères sur une centaines pouvant être cités comme ayant spéculé sur le concept du baptême de désir. Alors, que peut-on dire au sujet des déclarations suivantes venant de prêtres de la Fraternité St Pie X ( FSSPX ) ayant écrit trois livres distincts sur le ‘baptême de désir’ ?

Père Jean-Marc Rulleau ( FSSPX ), Baptism of Desire : « Ce baptême de désir est engendré par le désir pour le baptême sacramentel ... L'existence de ce mode de salut est une vérité enseignée par le Magistère de l'Église et est tenue depuis les premiers siècles par tous les Pères. Aucun théologien catholique ne l'a contesté. » [1]

Père François Laisney ( FSSPX ), Is Feeneyism Catholic ? , sur le baptême de désir : « Ce n'est pas seulement l'enseignement commun, mais c’est l'enseignement unanime ; ce n'est pas seulement depuis la partie récente de ce millénaire, mais c’est plutôt depuis le début de l’Eglise ... » [2]

Ces déclarations sont totalement fausses et sont de graves mensonges qui dénaturent complètement l'enseignement de la Tradition et corrompent la foi des gens. Comme vous l’avez vu, les pères sont unanimes contre le concept que quiconque ( y compris un catéchumène ) puisse être sauvé sans le baptême d'eau. Mais examinons l'enseignement du seul père, St Augustin, qui exprimait la croyance (au moins en certaines occasions ) dans l'idée qu'un catéchumène puisse être sauvé sans le sacrement du baptême – et ce, par son désir pour ce sacrement.

 

Saint Augustin (354-430)

Saint Augustin est cité en faveur du concept de baptême de désir, mais il admettait avoir été aux prises avec la question, ayant été parfois clairement opposé à l'idée que les catéchumènes baptisés puissent atteindre le salut…D’autres fois, ils soutenait cette cause. St Augustin ; 400 : « Le fait que le déroulement du baptême soit parfois compensé par la souffrance est soutenu par un argument substantiel que fit le bienheureux Cyprien... Considérant cela sans cesse, encore et encore, je trouve que non seulement la souffrance au nom du Christ peut suppléer pour ce qui fait défaut au moyen de baptême, mais même la foi et la conversion du cœur ; si ... on ne peut avoir recours à la célébration du mystère du Baptême. » [3]

Il y a deux points intéressants dans ce passage. Le premier se rapporte au baptême de sang : remarquez qu’ Augustin dit que sa croyance au baptême de sang est soutenu par une déduction ou un argument qu’avait fait St Cyprien ; rien d’enraciné dans la Tradition des apôtres ou des pontifes romains. Comme nous l'avons déjà vu, la plupart des déductions de St Cyprien se sont montrées, pour le dire gentiment , tout à fait fausses…En témoigne le cas de sa ‘déduction’ disant que c’est ‘de Tradition apostolique’ que les hérétiques ne peuvent pas conférer le baptême. Ainsi, St Augustin révèle par cette déclaration un point très important : que sa croyance, même pour le baptême de sang, est enracinée dans la spéculation humaine faillible , non pas dans la révélation divine ou dans l’infaillible Tradition. Il admet pouvoir se tromper et oui, c’est un fait : il a tort.

Deuxièmement, lorsqu’ Augustin conclut qu'il croit aussi que la foi ( la foi au catholicisme ) et un désir pour le baptême pourrait avoir le même effet que le martyre ; il dit : ‘Considérant cela sans cesse, encore et encore...’ En disant qu'il considérait tout ça encore et encore, St Augustin admet que son opinion sur le baptême de désir est aussi quelque chose qui est venu de sa propre considération, non pas de la tradition ou de l’ enseignement infaillible. C'est quelque chose avec quoi il a dû lutter, et comme on le verra, il s’y est contredit.

Tout ça sert à prouver de nouveau que le baptême de désir, comme le baptême de sang, n’est qu’une tradition de l’homme, née dans la spéculation humaine erronée et faillible ( bien que cette spéculation soit venue de quelques hommes influents ). Celle-ci n’est ni enracinée ni dérivée de la Tradition apostolique [ des apôtres ] ou des papes.

Fait intéressant : dans le même ensemble d'œuvres sur le Baptême déjà cité, St Augustin avait également fait une autre erreur. Il l’avait par la suite corrigé dans son Livre des corrections. Dans cet ensemble d’œuvres, il a d'abord déclaré que selon lui, le bon larron mort sur la Croix à côté de Notre-Seigneur était un exemple de baptême de sang. Il a plus tard corrigé cela, en notant que le bon larron ne pouvait pas être utilisé comme exemple de baptême de sang, parce que nous ne savons pas si le bon larron avait été baptisé. [4] Mais en réalité, le bon larron ne peut pas être utilisé comme exemple de baptême de sang - principalement parce qu’il est mort sous l'ancienne loi, non pas la nouvelle loi ; il est mort avant que la loi du baptême n’ ait été instituée par Jésus-Christ après Sa résurrection. Voilà pourquoi le bon larron comme les Saints Innocents, ne peuvent pas servir d’arguments contre la nécessité de recevoir le sacrement du Baptême pour le salut.

Catéchisme du Concile de Trente ; le Baptême rendu obligatoire après que le Christ ait réssucité : « Les Auteurs ecclésiastiques conviennent que lorsque notre Seigneur, après sa Résurrection, dit à ses Apôtres : Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, au même moment, l’obligation de recevoir le Baptême fut imposée à tous les hommes qui voudraient se sauver. » [5]

En fait, quand Notre Seigneur a dit au bon larron: ‘En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis’, Jésus ne se référait pas en réalité au Paradis, mais à l 'Enfer. Comme les catholiques le savent, personne n’a pu aller au paradis avant que Notre-Seigneur ne l’ait fait le Premier, après Sa Résurrection. Le jour de la Crucifixion, le Christ est descendu aux enfers, comme le dit le Credo des Apôtres. Il n'est pas descendu dans l' Enfer des damnés, mais dans un lieu en Enfer appelé les Limbes des Pères : la salle d'attente pour les justes de l'Ancien Testament qui ne pouvaient pas aller au paradis avant que le Sauveur ne vienne.

1 Pierre 3:18 -19 - « Puisque le Christ lui-même est mort une fois pour nos péchés…En lequel il vint aussi prêcher les esprits retenus en prison … »

Pour mieux prouver que le bon larron n’est pas allé au Ciel le jour de la Crucifixion, il y a le fait que le Dimanche de Pâques, lorsque Marie-Madeleine avait rencontré le Seigneur ressuscité, Il lui avait dit: ‘Ne me touchez pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père.’

Jean 20:17 – « [ Le jour de la Résurrection ] Jésus lui dit: Marie. Elle, se retournant, lui dit : Rabboni (ce qui veut dire, Maître ). Jésus lui dit : Ne me touchez pas ; car je ne suis pas encore monté vers mon Père.... »

Notre-Seigneur n'était pas encore monté au ciel le Dimanche de la Résurrection. C’est donc un fait que Notre-Seigneur et le bon larron n’étaient pas au Paradis le Vendredi saint ; ils étaient dans les limbes des Pères, la prison décrite dans 1 Pierre 3:18-19. Jésus avait appelé cet endroit ‘paradis’, car c’était bien l’endroit où Il serait, avec les justes de l'Ancien Testament.

Alors, comme saint Augustin l’a admis plus tard, il a commis une erreur en essayant d'utiliser le Bon Larron comme exemple pour son argument. Ça prouve à nouveau que seul l' enseignement dogmatique des papes est infaillible, en plus de la Tradition universelle et constante. Mais St Augustin lui-même, en de nombreux endroits, confirme la Tradition universelle des Apôtres disant que personne n’est sauvé sans le sacrement du Baptême ; en fait, il a plusieurs fois nié la théorie qu'un catéchumène puisse être sauvé sans le sacrement du baptême par son désir de le recevoir.

St Augustin, 395 : «... Dieu ne pardonne les péchés qu’aux baptisés. » [6]

St Augustin ; 412 : «... les puniques chrétiens ne donne comme nom au Baptême rien d'autre que ‘le salut’ ... D’où peut venir cela , sinon d'une ancienne et, comme je le suppose, tradition apostolique, d’où les Eglises du Christ soutiennent implicitement que sans le baptême et la participation à la table du Seigneur, il est impossible pour tout homme d’atteindre, soit le Royaume de Dieu soit le salut et la vie éternelle ? Voici également le témoignage de l'Écriture, aussi. » [7]

St Augustin ; 391: « Quand nous serons devant Lui [ Dieu ], nous verrons l'équité de la justice de Dieu. Alors, personne ne dira: ... ‘Pourquoi cet homme-ci fut conduit sous la direction de Dieu pour y être baptisé , tandis que cet homme -là , bien qu'il ait vécu en bon catéchumène, fut tué lors d’une soudaine catastrophe, et n'a ainsi pas pu être baptisé ?’ Attendez-vous à des récompenses, et vous ne trouverez rien d’autres que des punitions. » [8]

Ici, on voit que St Augustin rejette complètement le concept du baptême de désir. Rien ne peut être plus clair que ça ! Il dit que Dieu garde en vie les catéchumènes

Ceux qui disent que St Augustin soutenait le baptême de désir sont donc incomplets dans leur utilisation des faits. Ils doivent y ajouter la qualification qu’en de multiples occasions, il [ St Augustin ] rejetait l'idée ; qu’ il était penché des deux côtés sur la question. Ainsi, le seul père que les avocats du baptême de désir peuvent clairement citer en faveur du concept ( Augustin ), nie plusieurs fois ce concept de baptême de désir.

St Augustin: « Peu importe combien pourrait progresser le catéchumène, il porte encore la charge de son iniquité : elle ne sera retirée de lui qu à la condition qu'il par vienne jusqu’au baptême. » [9]

Ici, on voit de nouveau que St Augustin :

  • Affirme la vérité apostolique disant que personne n’entre dans le Paradis sans le baptême d'eau.
  • Refuse explicitement le concept de baptême de désir, en niant que tout catéchumène peut être libéré du péché sans le baptême.

Tout ça montre que le baptême de désir n'est pas la Tradition universelle des Apôtres…..plutôt, ce n’est que l’antithèse de la Tradition universelle des Apôtres et des Pères ; cette Tradition disant qu’aucun catéchumène ne peut être sauvé sans avoir reçu le baptême d'eau.

 

Au Moyen Âge

Maintenant que nous avons montré que l'enseignement traditionnel n'est franchement pas en faveur du baptême de désir, d’où vient ce baptême de désir dont on voit maintenant sa fureur ? Pourquoi est-il devenu plus tard une croyance si répandue ? Il n’a jamais été enseigné par aucun concile, aucune définition dogmatique ou encyclique papale… Il n’a jamais été enseigné dans l’Eglise.

Mais la plupart des gens pensent aujourd'hui qu'il s'agit d'un enseignement de l'Église catholique. Comme indiqué déjà, cette théorie hérétique vient de l'enseignement incorrect de St Augustin et un passage ambigü dans St Ambroise au 4° siècle. Mais de part l’énorme stature de St Augustin en tant que théologien, beaucoup de personnes au Moyen Age ont adopté son avis faillible sur le baptême de désir, malgré le fait que c’était contraire à la croyance écrasante de l'Eglise primitive.

Et quand les illustre St Bernard et St Thomas d’Aquin ont fait du baptême de désir leur propre position, basée sur des passages de St Augustin et celui ambigü de St Ambroise, ça résulta au fait que des légions de théologiens, du Moyens Âge jusqu’à nos jours, ont par la suite adopté le baptême du désir hors considération de leur grande étude ( en particulier St Thomas ), une position sur le possible Salut des catéchumènes morts sans baptême ; ce qui était contraire à la croyance écrasante et à la tradition liturgique de l'Eglise primitive… sans compter l'enseignement infaillible postérieur de l'Eglise sur le sacrement du Baptême , Jean 3 :5 ; et qu’il n’y a qu’un seul Baptême.

 

Saint Bernard

St Bernard, Tractatus de baptismo, II, 8 ; 1130 : « Dès lors, croyez-moi, ce serait une tâche difficile de me détourner de ces deux piliers - je parle d’ Augustin et d’ Ambroise. Je confesse que, pouvant être dans l'erreur ou dans la connaissance, je suis avec eux ; car je crois qu’un homme peut être sauvé par la foi seule, pourvu qu'il désire recevoir le sacrement, dans un cas où la mort surpasse l' accomplissement de son désir religieux, ou que quelque autre puissance invincible se trouve sur son chemin. » [10]

On doit préciser un certain nombre de points très importants dans ce passage : d'abord, ce qu’on voit, c’est que St Bernard admet explicitement que sa croyance dans le baptême de désir est basée uniquement sur ce qu’il pensait que St Augustin et St Ambroise enseignaient ; ceci donnant plus de crédibilité à notre argument que le baptême de désir est une tradition de l'homme, non pas un enseignement de Dieu.

Et comme déjà vu, même les deux pères qu'il cite ( Augustin et Ambroise ) ont clairement nié le concept en affirmant à plusieurs reprises qu'aucun catéchumène ne peut être sauvé sans le Sacrement du Baptême. En fait, comme déjà dit - et il importe de le répéter – le père Jean- Marc Rulleau (de la FSSPX ) est forcé d'admettre dans son livre Baptism of desire (p. 37) qu’à l’époque de St Bernard, où l'idée du baptême de désir commençait vraiment à prendre de l’ampleur , basée sur les passages d’Augustin et du discours funèbre d’Ambroise pour Valentinien, le célèbre Pierre Abélard (dont l'orthodoxie était néanmoins suspecte sur d'autres points ) avait déclaré que toute l’idée du baptême de désir reposant sur St Ambroise ‘contredisait la tradition dans cette affaire.’ [11] Ainsi, non seulement saint Bernard fonde son opinion sur deux docteurs faillibles, mais il donne en plus une opinion clairement contraire à l’écrasant témoignage de la Tradition, comme vous l’avez vu.

Deuxièmement, et peut-être plus important encore, en exprimant sa conviction dans le baptême de désir, St Bernard admet explicitement qu'il peut se tromper !

St Bernard : « …je parle d’ Augustin et d’ Ambroise. Je confesse que, pouvant être dans l'erreur ou dans la connaissance , je suis avec eux ; car je crois qu’ un homme peut être sauvé par la foi seule, pourvu qu'il désire recevoir le sacrement... »

Mais quand le père François Laisney de la Société Saint Pie X cite ce passage de saint Bernard dans son livre Is Feeneyism Catholic ? , il omet délibérément la déclaration de St Bernard, ‘pouvant être dans l'erreur ou dans la connaissance.’ Voilà ce qu’on lit :

Is Feeneyism Catholic ? (livre de la FSSPX ) ; page 67 : « Croyez-moi, ce serait une tâche difficile de me détourner de ces deux piliers, me référant ici à Augustin et à Ambroise….croyant avec eux que les gens peuvent être sauvés par la foi seule, et par le désir de recevoir le sacrement... »

Les mots ‘pouvant être dans l'erreur ou dans la connaissance.’ Ont été retirés par le père Laisney pour y être remplacés par des points de suspensions (...). Bien sûr, c’ est parfaitement justifié d'utiliser des points de suspensions (...) quand on cite certains textes, pour ne pas traiter des parties de la citation , jugées non cruciales ou non nécessaires à la discussion. Mais, dans ce cas présent , il aurait été plus qu’utile aux lecteurs du livre du père Laisney de voir cette courte admission cruciale de St Bernard …. : que St Bernard disait pouvoir avoir tort ou raison au sujet du baptême de désir.

Le père Laisney l’a délibérément retiré parce qu'il sait que c’ est dévastateur pour son affirmation prétextant que le baptême de désir est un enseignement de l'Eglise basé sur des opinions de saints. En fait, cet aveu de St Bernard, pulvérise la thèse de Laisney ; voilà pourquoi il devait être écarté. Mais malgré la tentative du père Laisney de la FSSPX pour cacher tout ça à ses lecteurs, le fait est bien là : St Bernard admet ne pas avoir été sûr pour le baptême de désir puisque l'idée n'est enracinée dans aucun enseignement de l' Église ou aucune tradition infaillible ; elle ne l’est seulement que dans l'opinion de l'homme.

Troisièmement, comme souligné, c’ est un fait incroyable que, dans presque tous les cas où un saint ou un théologien exprime son opinion sur le baptême de désir ou de sang, il fait presque toujours une autre erreur dans le même document ( prouvant ainsi sa faillibilité ). Dans le document cité ci-dessus, saint Bernard utilise trois fois l'expression ‘foi seule’ (ceci fut condamné environ 13 fois par le Concile de Trente au 16e siècle ).

St Bernard, Tractatus de baptismo, II, 8 ; 1130 : « Dès lors, croyez-moi, ce serait une tâche difficile de me détourner de ces deux piliers - je parle d’ Augustin et d’ Ambroise. Je confesse que, pouvant être dans l'erreur ou dans la connaissance , je suis avec eux ; car je crois qu’un homme peut être sauvé par la foi seule, pourvu qu'il désire recevoir le sacrement, dans un cas où la mort surpasse l'accomplissement de son désir religieux, ou que quelque autre puissance invincible se trouve sur son chemin .... Ceci sous-entendait que parfois, la foi seule suffirait au salut ... De la même manière, la foi seule et le fait de tourner son esprit vers Dieu, sans l’effusion de son sang ou sans recevoir l'eau, apportent sans conteste le salut à celui qui a la volonté mais pas le moyen ... d’ être baptisé. » [12]

 

  • Pape Paul 3, Concile de Trente, Session 6, Canon 9 : « Si quelqu'un dit que l'impie est justifié par la seule foi, entendant par là que rien d'autre n'est requis pour coopérer à l'obtention de la grâce, et qu'il ne lui est en aucune manière nécessaire de se préparer et disposer par un mouvement de sa volonté : qu'il soit anathème. » [13]
  • Pape Paul 3, Concile de Trente, Session 7, Canon 8 : « Si quelqu'un dit que la grâce n'est pas conférée ex opere operato par ces sacrements de la Loi nouvelle, >mais que seule la foi en la promesse divine suffit pour obtenir la grâce : qu'il soit anathème. » [14]
  • Pape Paul 3, Concile de Trente, Session 6, Canon 19 : « Si quelqu'un dit que rien n'est commandé dans l'Evangile en dehors de la foi... qu'il soit anathème. » [15]
  • Pape Paul 3, Concile de Trente, Session 6, Chapitre 11: « C'est pourquoi personne ne doit se rassurer dans la foi seule, pensant que par la foi seule il a été constitué héritier et obtiendra l'héritage, même s'il ne souffre pas avec le Christ pour être glorifié avec lui [ Romains 8 :17 ]. » [16]
  • Pape Paul 3, Concile de Trente, Session 6, Chapitre 10 : « ‘Vous voyez que l'homme est justifié par les oeuvres et non par la foi seule’ [ Jacques 2:24]. » [17]

C’est notre certitude que St Bernard ne croyait pas vraiment que la foi seule justifie et sauve ( doctrine hérétique de Luther ) ; mais c'est la phrase qu'il utilise à trois reprises ! Ça rend au point d’ une clarté cristalline : que si on dogmatise les enseignements des saints (comme le font de nombreux défenseurs du baptême de désir ) et qu’on les cite en guise de textes de preuves, alors on va se retrouver avec beaucoup d'erreurs, et même un tas d’hérésies. Et ça prouve encore une fois que les paroles de St Bernard ne sont pas les enseignements de l'Église catholique, mais des opinions faillibles avec quoi il pouvait se tromper ( comme lui-même l'admet )…dans ce cas-ci , c’est certain : il a tort.

Quatrièmement : en exprimant son opinion sur le baptême de désir, St Bernard dit que l'on peut être empêché de recevoir le baptême par ‘quelque puissance invincible.’ Eh bien, c’est également théologiquement incorrect. Dieu est Tout-Puissant ; Lui seul est la ‘puissance invincible’ ! Rien ne peut l'empêcher de conduire une âme de bonne volonté jusqu’au baptême.

Pape Pie 9 , Vatican 1, ex-cathedra : « Dieu garde et gouverne par sa Providence l’ensemble de ce qu'il a créé, ‘atteignant avec force d’ un bout du monde à l’autre et disposant tout avec douceur’ ... » [18]

En plus, c’est ironique : en faisant la déclaration [ citée ] sur un catéchumène qui se verrait empêché de recevoir le baptême par ‘quelque puissance invincible.’ , St Bernard entre également en contradiction directe avec St Augustin ; celui qu'il tente d' utiliser pour son avis faillible sur le baptême de désir.

St Augustin ; 391: « Quand nous serons devant Lui [ Dieu ], nous verrons l'équité de la justice de Dieu. Alors, personne ne dira: ... ‘Pourquoi cet homme-ci fut conduit sous la direction de Dieu pour y être baptisé , tandis que cet homme -là , bien qu'il ait vécu en bon catéchumène, fut tué lors d’une soudaine catastrophe, et n'a ainsi pas pu être baptisé ?’ Attendez-vous à des récompenses, et vous ne trouverez rien d’autres que des punitions. » [19]

Toutes ces choses prouvent que ce qu’endossait St Bernard pour le baptême de désir était clairement imparfait, contradictoire ; était admis être faillible, et que ça n’était uniquement basé que sur ce qu'il estimait être des opinions humaines. Cette position ne fait aucun poids, même pour un instant, contre le dogme impeccable, parfaitement cohérent et infaillible, qui proclame que nul ne peut être sauvé sans le Sacrement du Baptême.

Pape Eugène 4, Concile de Florence, Exultate Deo, 22 novembre 1439, ex-cathedra : « La première place de tous les sacrements est tenue par le saint baptême, qui est la porte de la vie spirituelle ; par lui nous devenons membres du Christ et du corps de l'Eglise. Et comme par le premier homme la mort est entrée en tous ( Romains 5:12 ), si nous ne renaissons pas par l'eau et l'esprit nous ne pouvons, comme dit la Vérité, entrer dans le Royaume des cieux (Jean 3:5). La matière de ce sacrement est l'eau vraie et naturelle… » [20]

Et cette tradition de l'homme ( baptême de désir ) a pris beaucoup plus d’ampleur après St Bernard….quand saint Thomas d'Aquin l’ a malheureusement fait sienne, basé à nouveau sur les quelques passages de St Augustin, le passage chez St Ambroise, et ses propres raisonnements théologiques spéculatifs.

 

Notes :

[1] Père Jean‐Marc Rulleau, Baptism of Desire, Kansas City, MO : Angelus Press, 1999, p. 63.

[2] Père François Laisney, Is Feeneyism Catholic?, Angelus Press, 2001, p. 79.

[3] Jurgens, The Faith of the Early Fathers, Collegeville, MN, The Liturgical Press, 1970, , Vol. 3: 1630.

[4] Jurgens, The Faith of the Early Fathers, Collegeville, MN, The Liturgical Press, 1970, , Vol. 3: 69.

[5] Catéchisme du Concile de Trente ; éditions Saint Rémi ; Cadillac ; 2004 ; pages 193-194.

[6] Jurgens, The Faith of the Early Fathers, Collegeville, MN, The Liturgical Press, 1970, , Vol. 3: 1536.

[7] Jurgens, The Faith of the Early Fathers, Collegeville, MN, The Liturgical Press, 1970, , Vol. 3: 1717.

[8] Jurgens, The Faith of the Early Fathers, Collegeville, MN, The Liturgical Press, 1970, , Vol. 3: 1496.

[9] Cité par le père Jean‐Marc Rulleau, Baptism of Desire, Kansas City, MO : Angelus Press, 1999, p. 33.

[10] Cité par le père Jean‐Marc Rulleau, Baptism of Desire, Kansas City, MO : Angelus Press, 1999, p. 37.

[11] Cité par le père Jean‐Marc Rulleau, Baptism of Desire, Kansas City, MO : Angelus Press, 1999, p. 37.

[12] Cité par le père Jean‐Marc Rulleau, Baptism of Desire, Kansas City, MO : Angelus Press, 1999, p. 37.

[13] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 1608

[14] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 1559

[15] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 1569

[16] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 1538

[17] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 1535

[18] Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum , éditions du Cerf, 1996, référence 3003.

[19] Jurgens, The Faith of the Early Fathers, Collegeville, MN, The Liturgical Press, 1970, , Vol. 3: 1496.

[20] Les Conciles Oecuméniques – Les Décrets , Tome II-1, les éditions du Cerf, Paris, 1994 ; page 1111.
Denzinger – Symboles et définitions de la Foi catholique – Enchiridion Symbolorum, éditions du Cerf, 1996, référence 1314

 

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